lundi 19 janvier 2009

Le dit des solférins



I

D’années damnées n’ait pu tant ouïr

Sinon ces quelques jours neufs

Qui nous promettent de peu jouir

Des pauvres chiffres deux mille neuf


II

Ah ! Si le trésor était plein !

Mais le temps n’est point l’argent et

Moi qui n’est pas de l’autre j’ai l’un

Pour ouïr les solférins crier.


III

De Lille s’entend la voix du nord

Qui sous l’émotion – de censure

A Matignon, voudrait faire tort

Et se moque bien, si c’est gageure.


IV

Martyr-aux-Bries, au Parlement

Ces jours ci, lèvera poing ;

Partout, c’est pertes et tourments

Et les beaux jours nous semblent loin.


V

Du bruit qu’ils font, ne tirerai

Ni biens, ni mieux, ni bon cœur.

Au moins je me divertirais ;

Rire est monnaie bonne au malheur.


VI

D’années damnées n’ait vu tant dire

Qu’en ce début deux mille-et-neuf

Il ne nous reste que le rire,

Riez en lisant Rutebeuf.

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